Qu’est-ce qu’un LVAD ?

Un véritable relais sur le cœur

Une assistance circulatoire gauche ou LVAD (Left Ventricular Assist Device) est une pompe implantable branchée sur le coeur, reliant la pointe du ventricule gauche à l’aorte ascendante.

Les LVAD sont Implantés chez les patients atteints d’insuffisance cardiaque sévère. Ils assistent ou prennent le relais sur le cœur devenu trop faible pour pomper efficacement le sang. Ils permettent ainsi de rétablir un débit sanguin suffisant pour supprimer les symptômes de la maladie chez ces patients pourtant en état critique.

Les LVAD sont implantés par voie chirurgicale, sous anesthésie générale, en ouvrant le sternum (sternotomie) ou par une procédure mixte moins invasive (mini-sternotomie et/ou thoracotomie). Une fois implanté, l’alimentation électrique et la commande du dispositif s’effectuent en externe par le biais d’un câble traversant l’abdomen du patient, reliant la pompe à un contrôleur et deux batteries

 

 

Une thérapie établie

Les LVAD ont été initialement développés et sont implantés depuis une trentaine d’années comme « pont vers la transplantation » , permettant aux patients malades d’attendre une éventuelle greffe de cœur (Bridge To Transplant ou BTT) en retrouvant une meilleure qualité de vie. Néanmoins, les donneurs sont trop peu nombreux, et les patients ne sont pas tous éligibles, et ne peuvent pas tous bénéficier d’une greffe. Les LVAD, qui offrent désormais des taux de survie équivalent à la transplantation cardiaque, sont aujourd’hui implantés dans une démarche de thérapie définitive (Destination Therapy ou DT) et constituent une alternative à la transplantation cardiaque et une solution face à la pénurie de greffons. La thérapie de destination a connu une forte croissance : en moins de 10 ans, c’est devenu l’indication première aux Etats-Unis et en Allemagne, premier pays de LVAD en Europe. Bien que les LVAD représentent une thérapie établie avec environ 9 000 procédures par an, ces dispositifs restent sous-utilisés : chaque année, 60 000 patients aux Etats-Unis et en Europe pourraient bénéficier de cette procédure.

 

 

Et pourtant, un taux de complication associé toujours élevé

Cette augmentation s’effectue en dépit du niveau élevé de complications associées : dans les deux ans suivant l’implantation, 80% des patients développeront une complication sévère nécessitant une réhospitalisation. Ces complications incluent des saignements, principalement des saignements gastro-intestinaux, ou des accidents vasculaires cérébraux, pouvant être fatals.

Les LVAD actuellement commercialisés sont des pompes à technologie rotative dont l’incapacité à reproduire la pulsatilité du coeur est aujourd’hui considérée comme l’une des causes principales des complications liées aux LVADs.

 

Une solution dédiée à l’insuffisance cardiaque gauche

Les LVAD diffèrent des cœurs artificiels (Total Artificial Heart – TAH) par leur indication, les patients ciblés ainsi que la procédure d’implantation. Contrairement aux coeurs artificiels, l’objectif des LVAD est d’assister le cœur, et non de le remplacer.

Le coeur artificiel est un dispositif médical implanté chez les patients souffrant d’insuffisance biventriculaire c’est à dire d’un dysfonctionnement du ventricule droit et du ventricule gauche. Cette pathologie ne représente que 5% à 30% des personnes souffrant d’insuffisance cardiaque, le reste correspondant à l’insuffisance gauche. La population éligible à l’implantation de tels dispositifs est réduite ; on compte actuellement moins de 200 implantations par an. Ce traitement de dernier recours pour les patients les plus malades est un concept ancien, connu et utilisé depuis 1982. Contrairement à la procédure d’implantation d’une pompe d’assistance circulatoire pour laquelle le coeur natif est conservé, l’implantation d’un coeur artificiel total nécessite l’explantation des deux ventricules.